Baromètre Grenoble : les résidents de la périphérie notent-ils différemment des Grenoblois ?

Trois quarts des usagers cyclistes qui ont évalué Grenoble dans le baromètre des villes cyclables déclarent résider dans Grenoble ; le quart restant provient en grande partie du reste de la métropole ou du département de l’Isère. On y trouve aussi quelques Lyonnais, des Savoyards et même des Drômois. Est-ce que le ressenti cyclable diffère selon notre lieu de résidence ?

On s’est demandé si les personnes extérieures à Grenoble notaient différemment et si oui, si on pouvait observer une tendance au premier coup d’œil. En effet, si on vient d’une ville avec une condition cyclable déplorable, avons-nous tendance à être plus exigeants avec une ville qui possède des aménagements très qualitatifs, ou bien à sur-noter car nous sommes extrêmement contents de pouvoir profiter d’un bout de piste agréable ?

Au premier coup d’œil, ce sont les extérieurs qui sanctionnent

Si on regarde rapidement la densité de probabilité des notes en fonction de la résidence grenobloise ou non du répondant, il semblerait que les extérieurs soient plus sévères que les grenoblois.

Densité de probabilité de la note attribuée à Grenoble selon les personnes résidentes à Grenoble et les personnes résidentes à l’extérieur de Grenoble.

Les Fontainois, plus sévères ?

De toutes les communes représentées par les « extérieurs » à Grenoble, Fontaine, Saint-Égrève et Saint-Martin-d’Hères possèdent plus de 50 répondants. Rappelez vous : 50, c’était le nombre minimal d’avis nécessaires pour classer une ville dans le palmarès. L’écart-type ne change pas significativement lorsqu’on sépare les jeux de données. On s’autorise une rapide comparaison des moyennes, et on découvre que les Fontainois sont rudes avec Grenoble !

Un lien avec un réseau direct et confortable ?

Si uniquement des Fontainois avaient voté pour Grenoble, il est fort probable que la note de Grenoble n’aurait pas autant progressé par rapport à 2017 ! Il faut dire que ces derniers attendent une Chronovélo qui n’arrive pas pour des raisons diverses ces dernières années : itinéraire non décidé sur la partie Grenoble, ou sur la partie Fontaine, travaux A480… bref les Fontainois ont entendu toutes les excuses. En attendant, lorsqu’ils se rendent sur Grenoble ils n’ont pas d’autre choix que de traverser le quartier Berriat pour se rendre vers l’Est (tram, voitures énervées et routes défoncées) ou de rester en Nord-Sud sur des axes tout aussi peu agréables aux heures de pointes (rue Ampère, Esclangon…).

À contrario, les personnes arrivant de Saint-Égrève (note C) ont droit pour la plupart à une longue chevauchée sur la digue de l’Isère, bien relaxante en comparaison… quand elle n’est pas fermée pour les travaux de l’A480, et à condition de ne pas être rebuté par les difficultés : l’accès à la digue se fait par une trémie très pentue sous l’A48, et la piste est occupée par les chiens des SDF à l’entrée de Grenoble, ce qui peut être intimidant.

Les Martinérois quant à eux découvrent rapidement la présence d’aménagements cyclables lorsqu’ils arrivent sur Grenoble, après avoir dû batailler un moment dans leur commune (notée D) . Ceci doit leur faire le plus grand bien, quand bien même ils ne sont pas à F, comme Fontaine.

Question à creuser ?

Dans les prochaines éditions, il est fort probable que la participation augmente encore. Dans le cas d’une métropole comme Grenoble-Alpes où la pratique cyclable et le ressenti diffèrent fortement entre le centre et la couronne, il peut être intéressant de suivre les évolutions de ressenti en fonction de la commune de résidence. En effet, la politique cyclable étant métropolitaine, il se pourrait que certains soient aigris (à juste titre) de ne pas voir d’amélioration conséquente chez eux alors que de l’autre côté de la rivière, la ville-centre s’embellit de pistes et de trottoirs.

Pour conclure, une petite phrase lâchée en discussion de rédaction Parlons-Y Vélo : « évaluer un ressenti, même avec des chiffres, ça a peut-être plus à voir avec la psychologie qu’avec la statistique ». À ce stade, on retiendra simplement que notre ressenti grenoblois peut varier en fonction de notre origine dans la périphérie.

Épilogue : on a quand même vérifié sur le reste de la métropole à quel point les villes sont évaluées par leurs résidents ou les cyclistes de passage. À part Saint-Martin-le-Vinoux et Échirolles qui semblent avoir bénéficié fortement de l’avis de passants, les autres villes sont principalement évaluées par leurs résidents -en particulier celles des extrémités de la métropole.

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