Grandir à vélo à Grenoble : témoignage d’adolescente

Chloé habite dans un secteur dense de la ville. Elle fait du vélo depuis sa plus tendre enfance. Aujourd’hui elle nous donne son point de vue d’adolescente. Le vélo, c’est sa liberté malgré quelques points noirs (qui ne manqueront pas de disparaître dans un futur proche, on l’espère!)

Enfant : pas sans les parents

« hors de question de rouler seule dans la rue »

Je fais du tricycle et de la trottinette depuis toute petite et, avant mes trois ans, je filais déjà sur ma draisienne. À 3 ans et demi, il ne m’avait fallu que 10 minutes pour que Maman et Papa me lâchent et que je fasse mes premiers tours de vélo toute seule et sans roulettes. Bien évidemment, c’était dans la cour de notre immeuble ou bien sur le parvis de la gare : hors de question de rouler seule dans la rue sans la surveillance et la protection de mes parents.

À vélo au lycée : la liberté

Pas de pistes séparées des voitures […]. L’autonomie complète n’est venue qu’avec mon entrée au lycée.

Comme il n’y avait pas de pistes séparées des voitures partout où j’avais des activités, l’un de mes parents m’a toujours accompagnée sur mes trajets à vélo. L’autonomie complète n’est venue qu’avec mon entrée au lycée à la rentrée 2020. Ainsi, depuis chez nous jusqu’au lycée, j’ai 4 kilomètres et demi à parcourir. C’est l’occasion pour moi de prendre l’air, d’avoir un petit moment de détente et d’avoir une petite dose de sport dans la journée. Bien que je sois asthmatique (merci la pollution !), j’aime bien ce trajet sur mon vélo car il est très agréable surtout parce que j’emprunte la Chronovélo depuis le marché de l’Estacade jusqu’à mon lycée.

Plus d’aménagements pour Chloé !

Parfois les voitures doublent en nous frôlant ou nous coupent la route, tout ça pour s’arrêter 3 mètres plus loin !

J’attends d’ailleurs avec impatience l’arrivée de la Chronovélo dans le quartier Saint-Bruno : Papa m’a dit qu’un des scénarios prévoyait de la faire passer carrément dans notre rue !!! Mais je pense que je ne serai plus au lycée le temps que ce soit mis en service : dommage ! En tout cas, ce serait chouette parce que certaines pistes ou doubles-sens cyclables qui ne sont pas protégés sont envahis le matin par des camions de livraison ou des voitures en stationnement (pour ces dernières, c’est un peu n’importe quand). Cela me fait toujours peur de devoir me décaler pour éviter ça, surtout le matin quand il fait nuit. Il y a aussi les endroits où il n’y a rien pour les vélos et là, je n’aime pas du tout car parfois les voitures doublent en nous frôlant ou nous coupent la route, tout ça pour s’arrêter 3 mètres plus loin !

La cohabitation, pas toujours facile

Le sentiment de faiblesse d’être une femme, adolescente, sur un vélo, face à des jeunes « débiles » qui insultent sans raison.

Puisque j’en suis dans les points négatifs, cela m’énerve également quand une voiture est stationnée sur un sas vélo ! Je me mets alors devant la voiture pour pouvoir traverser le carrefour tranquillement même si je ne suis pas rassurée : les ronflements de moteur que certains font me montrent qu’ils ne sont pas contents ! Qu’ils apprennent le code de la route !

Si les Chronovélos sont super bien, il faut reconnaître que les piétons les aiment bien aussi, même s’ils ont des trottoirs juste à côté. C’est juste pénible car c’est difficile de prévoir leur trajectoire, surtout ceux qui ont le nez dans leur smartphone !

Mais il y a surtout le sentiment de faiblesse d’être une femme, adolescente, sur un vélo, face à des jeunes « débiles » qui insultent sans raison.

Du plaisir malgré tout !

En faisant abstraction de ces aspects négatifs, il reste le plaisir d’être au minimum deux fois plus rapide qu’en bus pour le même trajet, sauf les rares fois quand il pleut et que je n’ai pas le courage de prendre le vélo. Heureusement, ce n’est pas souvent ! Et le dernier truc génial, c’est le sourire et les remerciements des gens qu’on laisse passer pour traverser la rue. Là, on voit qu’ils n’ont pas l’habitude qu’un ou une cycliste s’arrête (c’est dommage, il faut le faire !) mais moi, ça me rend super contente !

Chloé, Grenoble.

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