Baromètre des villes cyclables, 3e édition — Grenoble

  1. Participation
  2. Méthodologie
  3. Grenoble

Grenoble profite d’une participation exceptionnelle, de l’ordre de 2% de la population pour une commune dont la  part modale vélo pour les déplacements domicile-travail est de plus de 17%. À titre de comparaison, la participation est de 0.9% à Lyon, 0.8% à Besançon, 1.1% à Nantes, et 0.75% à Strasbourg — seule ville dont la part modale vélo est comparable à celle de Grenoble.

À ce jour, c’est de loin l’enquête la plus fournie sur la cyclabilité dans le bassin Grenoblois.

Très forte demande au Nord

priorités et progrès ressentis sur le centre de Grenoble

Le nord de Grenoble apparaît sur la carte comme le point de convergence de beaucoup de trajets vélo, tant des Grenoblois que des banlieusards. Sans surprise, deux types de trajets vélo sont mis en évidence au nord des boulevards Foch et Vallier :

  • des déplacements liés à l’hyper-centre historique, où se concentrent un très grand nombre d’habitants, d’emplois, d’activités ;
  • des flux de transit important, notamment sur l’axe Est-Ouest.

Succès des Chronovélo et Tempovélo

Sur cet axe Est-Ouest, la Chronovélo 1 est plébiscitée : Berriat, Lafontaine, Jean Pain, cet aménagement est très apprécié ; à contrario, la partie du cours Berriat à l’Ouest du cours Jean-Jaurès, pas encore concerné par la Chronovélo, est signalé comme dangereux par de nombreux cyclistes.

Toujours sur cet axe, les quais de la rive droite sont toujours appréciés mais ne suffisent pas, les quais de la rive gauche étant l’objet d’une forte demande qui était déjà signalée par l’enquête de 2019. La Tempovélo qui a été mise en place en juin 2020 et supprimée sans concertation dès septembre 2020 répondait donc à une demande confirmée des cyclistes.

La Tempovélo du boulevard Clémenceau, entre Gustave Rivet et Flandrin-Valmy, est également très appréciée. Elle est désormais pérennisée.

Le long de l’Estacade, entre la gare et le cours Jean Jaurès la Chronovélo 2 est appréciée mais suscite moins d’enthousiasme que la Chronovélo 1. On imagine volontiers que beaucoup d’utilisateurs sont gênés par sa faible largeur par endroits, son croisement de la rue Nicolas Chorier et les automobilistes garés sur la piste les jours de marché. Certains utilisateurs en témoignent dans les commentaires :

La largeur des bandes cyclables est une notion pas du tout abordée dans ce questionnaire et pourtant centrale : si le nombre d’usagers augmente, la largeur des bandes deviendra insuffisante. C’est à mon sens déjà le cas sur certains tronçons de bande cyclable à double sens (où doubler peut vite devenir périlleux).

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Verbalisez les automobilistes à l’arrêt ou stationnant sur les pistes cyclables et notamment les jours de marché sur le secteur estacade : la piste est impraticable pour les vélos (ET le trottoir pour les piétons).

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Des demandes en attente

Le cours Gambetta et la rue Nicolas Chorier restent signalés comme dangereux par l’enquête 2021, et il n’y a pas de trajet sécurisé à proximité. Des aménagements seraient plus que bienvenus.

Plusieurs intersections à fort flux de circulation auto continuent de poser problème aux cyclistes. C’est notamment le cas de la Porte de France, de Jean Pain / Lyautey (Chavant), de Berriat / Sémard, et des intersections avec les boulevards Foch et Vallier.

Enfin, on notera une demande importante de stationnements vélo dans l’hyper-centre et à proximité de la gare — ce qui ne surprendra aucun habitué du centre-ville, où il est parfois bien difficile de trouver un arceau libre !

Bonne participation au Sud

priorités et progrès ressentis au Sud des grands boulevards

Bien que moindre que dans la partie nord, la participation au Sud des grands boulevards reste très bonne, au niveau de celle observée sur la presqu’ile scientifique et dans la  première couronne : Fontaine, Saint-Martin-d’Hères, Sassenage, Seyssinet-Pariset…

Les intersections à fort flux, toujours problématiques

C’est un enseignement majeur de cette cartographie : les carrefours, même ceux récemment aménagés (y compris sur les tronçons de Chronovélo livrées entre 2019 et 2021), sont identifiés comme des priorités de manière particulièrement éloquente — plus encore qu’au Nord des grands boulevards.

La nature des voiries, plus larges qu’au Nord avec un dimensionnement très routier, favorise la vitesse des motorisés et rend les carrefours particulièrement accidentogènes. L’ensemble de ceux-ci ressortent en rouge, démontrant une attente importante d’aménagements réellement sécurisés.

C’est notamment le cas du carrefour Vallier-Foch-Libération, où, malgré les alertes répétées des associations cyclistes, aucun aménagement n’a été fait… et où un chauffeur de poids-lourd a fauché mortellement une cycliste en mars 2021. Et rien n’a été fait depuis.

Des améliorations soulignées

On observe une corrélation entre les zones avec beaucoup de points verts et les aménagements cyclables réalisés récemment (réseau Chronovélo achevé et Tempovélo pérennisées).

C’est notamment le cas de la Chronovélo 3 sur la rue Général Mangin entre le boulevard Foch et le Rondeau, et, dans une moindre mesure, des Tempovélos sur les avenues Jean Perrot et Marcelin Berthelot.

D’autres aménagements plus anciens sont également salués même si ils n’ont pas bénéficié de reprise récente, comme la piste des JO, traduisant une appétence des cyclistes pour ces aménagements plus qu’une évolution positive de ces derniers.

On constate donc de réels efforts d’aménagements cyclables dans cette partie de Grenoble. Toutefois, l’attente reste forte sur la sécurisation des croisements entre les pistes récemment aménagées et les rues qui ne l’ont pas été : quelle que soit la qualité des aménagements réalisés, la pratique du vélo urbain ne progressera pas si la sécurité n’est pas assurée aux croisements.

Grenoble, toujours première ?

En 2017 et 2019, Grenoble était classée 1ère ville cyclable de sa catégorie (villes entre 100 000 et 200 000 habitants), selon une note basée sur 4 critères :

  • la sécurité
  • le confort
  • l’effort de la ville
  • les services et stationnements

Nous saurons le 10 février, avec la publication des résultats par la FUB, si Grenoble conserve sa couronne.